Lactofermentation : le végétal allié du microbiote 

par Audrey Sberro (Rédactrice en chef – Best of Bio)

Longtemps marginale, la lactofermentation s’impose aujourd’hui comme un pilier discret mais stratégique de l’alimentation bio.

Bien avant que le microbiote ne devienne un sujet grand public, certains acteurs du bio avaient déjà compris que la santé digestive se jouait aussi dans les modes de transformation des aliments. La lactofermentation, biotechnologie naturelle et universelle, fait partie de ces savoir-faire anciens longtemps invisibles, mais profondément structurants.

Chercheur de formation, voyageur engagé et pionnier de la fromagerie végétale bio, Jean James Garreau a très tôt perçu le potentiel de cette transformation vivante appliquée au végétal. À travers Le Sojami, il a posé dès les années 1990 les bases d’une approche qui relie microbiologie, digestion, écologie et plaisir alimentaire. Dans cet entretien, il revient sur les mécanismes biologiques de la lactofermentation, ses bénéfices concrets pour le microbiote et les opportunités qu’elle ouvre aujourd’hui pour les professionnels de la bio, de la production à la distribution.

Extrait de l’interview de Jean James Garreau (Dr en Biologie et Fondateur du Sojami)

Jean-James Garreau :  » … Notre corps héberge des milliards de micro-organismes constituant ce que l’on appelle le microbiote humain, qui lui-même est subdivisé en plusieurs microbiotes, définis en fonction de leur environnement.

En effet ces microorganismes parmi lesquels figurent bactéries, archébactéries, champignons, virus, tapissent chaque zone en contact plus ou moins direct avec l’extérieur (peau, bouche, intestin, vagin, etc…), et ils constituent une véritable interface qui nous relie au monde extérieur, faisant de nous des êtres mi-cellulaires, mi-microbiens.

Le microbiote intestinal, celui qui nous intéresse plus particulièrement ici, est composé de quelques 50 000 milliards de bactéries, représentant environ 1 à 2 kg de notre poids corporel, et, fait remarquable, il est unique pour chacun de nous comme une sorte « d’empreinte digitale » qui nous définit.

Les études rapportent que plus notre microbiote intestinal est riche et diversifié (300-1000 espèces bactériennes différentes), mieux nous nous portons.

Ces bactéries « amies » synthétisent des vitamines, participent à la digestion des fibres, produisent des antibiotiques naturels, etc…

Leurs rôles sont multiples et prépondérants dans les processus digestifs de nos aliments et on sait que les bactéries lactiques sont largement représentées dans le microbiote intestinal.

L’objectif principal de la digestion, c’est de transformer des molécules complexes en molécules plus simples assimilables par les cellules de l’organisme, pour qu’à leur tour elles puissent utiliser ces molécules dans leur différentes tâches métaboliques. On a donc un phénomène de déstructuration qui précède un phénomène de restructuration.

La digestion est chargée de la déstructuration… Et une bonne digestion commence par une bonne mastication, sa première étape. Et lorsque le bol alimentaire traverse le système digestif pour arriver enfin dans les intestins d’abord l’intestin grêle, puis le gros intestin, bon nombre d’aliments ne sont pas encore prêts à être assimilés, et il faut préciser également que certains ne le seront jamais par notre corps, ils seront évacués dans nos selles…

Les microorganismes du microbiote intestinal ont donc un rôle essentiel et majeur dans le process de la digestion-assimilation, ils interviennent pour tirer le meilleur et optimiser les nutriments du bol alimentaire et ils sont à l’origine des différents types de fermentations, acétique, lactique, propionique, alcoolique, etc., etc. que l’on retrouve dans nos intestins. Nos ventres sont de véritables fermenteurs, et à ce titre rappelons qu’ils produisent 1 à 2 litres de gaz par jour !

Alors le fait de consommer des aliments fermentés, qui ont donc déjà subi une « prédigestion » externe par des bactéries qui se trouvent déjà ou non dans l’intestin, améliore considérablement leur chance d’être bien digérés et assimilés lorsqu’ils seront ingérés par une personne.

Et si ces aliments fermentés ne sont pas pasteurisés, comme c’est le cas des produits SOJAMI, c’est-à-dire que les microorganismes ne sont pas détruits par la chaleur, et bien bon nombre d’entre eux passe la barrière gastrique et atteignent les intestins pour participer et enrichir les populations bactériennes.

Aujourd’hui, on sait que l’intestin dialogue avec le cerveau, grâce aux bactéries… alors plutôt que d’appauvrir leur population, il vaut mieux chercher à les diversifier et à les enrichir.

A ce niveau-là les meilleurs apports alimentaires pour enrichir notre microbiote sont les fruits et les légumes, les aliments fermentés, naturels ou traditionnels et les boissons fermentées… « 

Vous pouvez consultez l’article original en intégralité publié par Best of Bio ici.

La gamme de produits lactofermentés Sojami, 100% végétale et Bio.